Biographie

Je suis née à la maternité de La Chaux-de-Fonds en 1976. Après quelques jours, je suis rentrée au Locle, lieu de domicile de la famille que je venais d’agrandir par ma venue en ce monde aussi riche de promesses que de difficultés en tous genres. Ma gentille maman s’occupait de moi avec une attention merveilleuse, pleine de tendresse et toujours animée par le souci de ma qualité de vie. Mon papa m’aimait tout autant et admirait – selon ses dires – mon visage chaque fois qu’il en avait le temps. Il faut dire qu’il était assez occupé par sa charge de professeur à l’Ecole supérieure de commerce de Neuchâtel, la préparation de sa thèse de doctorat, ses mandats politiques et son affection parfois un peu immodérée pour la course à pied, travers dont j’ai hérité vingt ans plus tard.

Avec mes parents, nous habitions dans un endroit presque idyllique, en bordure de ville. Du troisième étage de cette vieille ferme, on apercevait les chevreuils à l’heure du petit déjeuner. Cet univers harmonieux et des voisins sympathiques ont manifestement contribué à façonner ma personnalité. Aujourd’hui encore, les localités de taille moyenne et la proximité avec la nature me conviennent nettement mieux que la vie trépidante et le clinquant des grandes cités opulentes et parfois orgueilleuses.

En 1978, nous avons accueilli avec joie la naissance de Valériane, une petite sœur espiègle et pleine de vitalité. Aujourd’hui encore, elle est la grande complice de ma vie. Sa destinée m’importe au plus haut point. Ses deux enfants sont l’objet de toute mon affection.

J’ai fréquenté une école primaire tout aussi idyllique que ma « maison ». Les pauses du matin et de l’après-midi n’ont jamais été caractérisées par le brouillard, ni au sens propre, ni au sens figuré.

En été, nous voyions les vaches paître paisiblement en face du collège. En hiver, nous perdions toujours un peu de notre concentration au lever du soleil. Pendant les pauses, nous dévalions sur nos luges les champs de neige qui nous séparaient d’une ville plongée dans les froides brumes matinales.

En 1986, une tristesse momentanée m’a envahie lorsque j’ai suivi mes parents à La Neuveville. Ce déménagement a coïncidé avec mon entrée à l’Ecole secondaire la plus méridionale du Jura bernois. Un appartement donnant sur un long jardin égayait mes journées ainsi que celles de mes chats préférés.

En 1989, nous avons emménagé dans une petite maison située au cœur des vignes.

En 1991, j’ai poursuivi avec beaucoup de plaisir mes études au Gymnase cantonal de Neuchâtel. Durant les leçons de français et de philosophie, j’ai été initiée à quelques fragments de l’œuvre de Denis de Rougemont. Le célèbre écrivain a donné son nom au Lycée qui a marqué ma jeunesse. Ce philosophe personnaliste d’inspiration chrétienne –  adversaire résolu de tous les totalitarismes et de toutes les atteintes à la dignité humaine – a exercé sur ma pensée une influence telle que je lui ai consacré ma thèse de doctorat.

Vers l’âge de vingt ans, je me suis mise à la course à pied. Depuis 1996, mon père et moi consacrons une bonne partie de nos samedis à de longs joggings qui nous permettent de jouir des paysages remarquables de l’Arc jurassien et des lacs qui le séparent du Plateau suisse.

Après quatre ans d’études à l’Université de Neuchâtel, j’ai obtenu une licence en sciences politiques à l’issue d’un cursus d’une grande richesse qui m’a permis de me familiariser avec les fondements de la science politique, de l’histoire, du droit, de l’économie, de la sociologie et de la démographie. Dommage que cette filière – une véritable petite ENA – ait été abandonnée quelques années plus tard !

A partir de 1998, j’ai suivi les cours de l’Institut de hautes études internationales de Genève (IUHEI). En 2000, cette institution connue dans le monde entier m’a conféré son diplôme d’études supérieures en relations internationales, mention histoire et politique internationales et études européennes. Mon mémoire de fin d’études m’a valu le prix Arditi en relations internationales.

C’est à cette époque que j’ai commencé ma carrière professionnelle à l’Ecole supérieure de commerce de La Neuveville, établissement dans lequel j’enseigne le droit public, les sciences politiques et, dans le cadre d’une branche à option, l’histoire de l’unification européenne de l’Empire romain à nos jours.

J’ai délibérément choisi cette trajectoire par intérêt mais aussi pour avoir quelques plages de liberté afin de rédiger ma thèse de doctorat que j’ai achevée en 2007.

En 2008, ma très chère et inoubliable maman est décédée après de longues années de souffrance. J’ai beaucoup souffert de cette séparation qui m’a confrontée aux aspérités et aux duretés de la vie. Une telle épreuve m’a rendue encore plus sensible aux rigueurs de la condition humaine et à la précarité de la vie.

J’ai aussi affronté les limites de cette condition humaine en m’engageant pleinement dans la difficile compétition qu’est le Tour du canton de Neuchâtel en six étapes. Mon 4ème rang final n’a pas été obtenu sans souffrances. Mais il m’a aussi procuré bien des satisfactions.

En 2008, j’ai été élue au Conseil général de La Neuveville où j’ai expérimenté concrètement la notion d’engagement politique.

Au printemps 2010, ma thèse intitulée « Denis de Rougemont : une philosophie politique et une pensée européenne pour éclairer notre temps » sera publiée par l’éditeur Slatkine.

Aujourd’hui, je désire continuer à mettre mes expériences humaines, mon bagage intellectuel et ma personnalité au service du bien commun en m’engageant sur le rude chemin de la vie politique.